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MARIA MORGANTI (2) Walls of Work on Paper
MARIA MORGANTI WALLS OF WORKS ON PAPER
Since 1999, as well as working on canvas, I have been painting with oil pastels and oil sticks on fine grain, 100% cotton, 300mm, 18 x 26cm Arches watercolour paper. I always paint on the paper horizontally. Virtually every day I apply a colour to at least one piece of paper. Each work is composed of three layers of colour. Very occasionally I add a fourth or fifth layer. Almost all of the works begin with a layer of red. Sometimes I let the preceding layer dry before adding the next and so at least a week goes by between applying one layer and another. Sometimes, however, the two layers mix and the underlying colour seeps into the subsequent one. On the table where I paint I maintain a certain sense of order. On the left I place the paper I am painting on, around which are the pastels and sticks divided into zones according to their colours: greens, blues, reds, purples, and a few yellows and whites that I need mainly for lightening the other colours. On the right are 12 pieces of rectangular 3x4 paper. A further four are placed vertically on the back wall. The 12 pieces of paper are those on which I am working. The other four are those I consider finished that are waiting to dry. Once dry, I hang the piece of paper on the wall to my right with metal pins (four, one at each corner) in order of completion. Once filled, the wall is made up of 112 pieces of paper: eight pieces widthways and 14 vertically. Once the wall is completed, I move all the pieces to the left-hand side of the table, keeping them in the same order after dating, signing and numbering them, so that they can have more time to dry. It takes me about a year to complete a wall with this number of works. When another wall is ready, I place the first group of works under greaseproof paper and put them in boxes. And so on, ad infinitum, or at least until I will stop producing them. For some time now I have been exhibiting these works on paper as walls, just like I do in my studio, even though I always think of them as individual pieces. I hang them with the same pins, but only at the two top corners. So far, the size of the installations has been determined by the quantity of works on paper that I have produced up to that point and by the dimensions of the wall of the space where the installation is being exhibited. I have always exhibited the pieces in a purely chronological order. Thus they have been displayed like pages from a diary that can be read like a piece of writing going from left to right, consistently, emphasising the passing of time. ‘My time’, or rather the number of pieces I had produced up until that precise moment corresponded with that specific place, with the dimensions of that particular wall. At some point I would also like to produce a publication that discusses these experiences and document these writings that develop like diaries but which can also take on different forms. Every paper is a unity and at the same time a detail of a work that will be grow as much as the time in my life....
Maria Morganti Venice, 2009
MARIA MORGANTI MURS DE TRAVAUX SUR PAPIER
Depuis 1999, de même que travailler sur toile, j’ai peint avec des pastels à l’huile et des oil sticks sur du papier aquarelle Arches à grain fin, 100% coton, 300 mm, 18 x 26 cm. J’ai toujours peint sur le papier horizontalement. Pratiquement chaque jour j’applique une couleur à au moins un papier. Chaque travail est composée de trois couches de couleur. Seulement de temps en temps, j’ajoute une quatrième ou une cinquième couche. Presque tous les travaux commencent par une couche de rouge. Parfois je laisse la couche précédente sécher avant d’ajouter la suivante et ainsi au moins une semaine se passe entre l’application d’une couche et d’une autre. Parfois, cependant, les deux couches se mélangent et la couleur sous-jacente s’infiltre dans la suivante. Sur la table où je peins je maintiens un certain sens d’ordre. À gauche je place le papier sur lequel je peins, autour duquel sont les pastels et les sticks divisés en zones selon leurs couleurs : verts, bleus, rouges, violets, et quelques jaunes et blancs dont j’ai besoin principalement pour éclaircir les autres couleurs. À droite sont placés 12 papiers rectangulaires en disposition de 3 par 4. Quatre supplémentaires sont placés verticalement sur le mur du fond. Les 12 feuilles de papier sont celles sur lesquelles je travaille. Les quatre autres sont ceux que je considère finis, qui attendent de sécher. Une fois sec, j’accroche la feuille de papier sur le mur à ma droite avec des épingles métalliques (quatre, une à chaque coin) dans l’ordre de leur achèvement. Une fois rempli, le mur est constitué de 112 papiers : huit en largeur et 14 verticalement. Une fois que le mur est terminé, j’enlève tous les papiers du côté gauche de la table, en leur conservant le même ordre après les avoir datés, numérotés, de sorte qu’ils peuvent avoir plus de temps pour sécher. Cela me prends environ une année pour finir un mur avec ce nombre de travaux. Quand un autre mur est prêt, je place le premier groupe de travaux sous du papier à l’épreuve de la graisse et les met dans des boîtes. Et ainsi de suite, à l’infini, ou tout du moins jusqu’à ce que j’arrête de les produire. Depuis quelques temps maintenant j’ai exposé ces travaux sur papier comme des murs, précisément comme je fais dans mon atelier, même si je pense toujours qu’ils sont des pièces individuelles. Je les accroche avec les mêmes épingles, mais seulement aux deux coins du haut. Pour le moment, la taille des installations a été déterminée par la quantité de travaux sur papier que j’avais produite à ce point-là et par les dimensions du mur de l’espace où l’installation est exposée. J’ai toujours exposé les papiers dans un ordre purement chronologique. De cette façon ils ont toujours été présentés comme des pages d’un journal qui peut être lu comme un morceau d’écriture allant de gauche à droite, uniformément, en mettant l’accent sur le passage du temps. « Mon temps », ou plutôt le nombre de papiers que j’ai produits jusqu’à ce moment précis correspondait à cet endroit spécifique, avec les dimensions de ce mur particulier. À un certain point, j’aimerais aussi produire une publication qui discute ces expériences et documente ces écrits qui se développent comme des journaux mais qui peuvent aussi prendre des formes différentes. Chaque papier est une unité et en même temps un détail d’un travail qui croîtra autant que le temps de ma vie…
Maria Morganti, Venise, 2009 (traduction Arnaud Lefebvre)
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Artist Images
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